Les ateliers

Dix ateliers

  1. Métabolismes : les flux de matière au service de l'inter-territorialité

Face aux enjeux environnementaux, les villes (re)prennent conscience à la fois de leur rôle clé dans l'atténuation et à l'adaptation au changement climatique, mais aussi de leurs fragilités et de leur(s) dépendances structurelles en matière de ressources (énergie, eau, alimentation, matériaux…) avec leurs territoires voisins. Saisir ces liens fonctionnels, par des visites dans des territoires allant du cœur d'agglomération à ses franges, et comprendre comment l'économie circulaire vient réinterroger les modèles de développement urbain, c'est l'enjeu de cet atelier. Il s'articule autour d'une double question : · quels sont les leviers à disposition des territoires, de la planification au(x) projet(s), pour mettre en œuvre un développement plus vertueux et plus circulaire ? Quels sont les outils plus " macro " et les mécanismes de gouvernance entre territoires, qui existent ou qui seraient à déployer, pour accompagner cette transition ?

 

  2. La logistique dessus-dessous

La tendance à la hiérarchisation des territoires - qui relève d'une forme d'interdépendance territoriale -, est exacerbée sous l'effet de la métropolisation. Ce phénomène, à l'œuvre sur l'ensemble du territoire national, est facteur de centrifugation des activités productives, dont logistiques. Il a pu engendrer la production d'externalités négatives, notamment une consommation significative des espaces agricoles. Depuis quelques années, de nouvelles formes de logistique émergent, reconfigurant tant les dessus de nos paysages bâtis que leurs dessous. Elles s'appuient sur la réutilisation de friches, qu'elles soient logistiques ou non, et dans des contextes territoriaux divers. Pourraient-elles concourir à dessiner de nouvelles relations entre les territoires en matière logistique, centrées sur la coopération ? Comment la logistique peut-elle s'inscrire dans les territoires " à vivre " ?

 

  3. Résilience des territoires face aux risques : objectif ou processus ?

Avec l'augmentation des catastrophes naturelles et leurs conséquences humaines, économiques, sociales…, les enjeux liés aux risques majeurs, naturels et technologiques, doivent être mieux pris en compte aux différentes échelles d'intervention, depuis les exercices de planification jusqu'à l'urbanisme de projet. Cela constitue aujourd'hui l'un des axes de réflexion pour favoriser l'aménagement durable des territoires et leur résilience. Face à des événements de grandes ampleurs (inondations, séismes, événements climatiques…), la question de la vulnérabilité des territoires ne peut se limiter à la seule exposition des enjeux. Elle doit aussi être analysée au regard de leurs fonctionnements, de leurs liens avec les territoires voisins, de leurs caractéristiques socio-économiques, de leurs dépendances aux réseaux (énergie, assainissement, communication, transport…) ou encore des enjeux de la gestion de crise… Ces enjeux de vulnérabilité systémique fondent la résilience des territoires, mais ils restent encore difficiles à apprécier, et surtout, demeurent mal appréhendés par les acteurs de l'aménagement.
Si l'on considère que « la somme de la résilience individuelle ne fait pas une résilience collective », la résilience des territoires face aux risques peut-elle constituer un objectif ou traduit-elle un processus ? Et comment construire des indicateurs de cette résilience ? Ces questions seront examinées en s'intéressant plus particulièrement aux risques d'inondations qui concernent aujourd'hui la quasi-totalité des territoires.

 

  4. Repenser les grandes infrastructures au service des territoires

Vécues à la fois comme un lien et comme une coupure, les grandes infrastructures routières sont aujourd'hui, dans nombre de territoires, réinterrogées. Face à leurs conséquences sur l'environnement, face aux enjeux qu'elles soulèvent pour l'accessibilité et l'attractivité des espaces aussi bien denses que périurbains, quels doivent être leurs fonctions, leurs nouveaux usages et comment les rendre acceptables ? L'objet de cet atelier-visite est d'aborder cette question essentielle pour le futur de nos villes, de comprendre les bases des transformations en cours et d'identifier les conditions pour y arriver. Une visite aura lieu sur le site du projet Paris-Saclay avec un focus sur l'intégration de la voie rapide N118. Elle sera suivie de la présentation des réflexions en cours à Strasbourg (A35), Lyon (A7) et Bordeaux (Rocade) ainsi qu'en Ile-de-France (consultation "Routes du futur du Grand Paris").

 

  5. De nouveaux récits pour re-lier les territoires

Les territoires populaires sont trop souvent devenus des espaces de relégation, déliés - spatialement, fonctionnellement ou symboliquement- du reste de la ville, que ce soit dans le cœur ou la périphérie des métropoles ou dans les villes moyennes. Comment peut-on re-lier ces territoires et leurs habitants aux autres ? Comment repenser leur fonction d'accueil et d'hospitalité ? Comment leur permettre de nourrir un nouveau récit, en assumant la diversité des imaginaires pour ces territoires ? L'adaptation aux enjeux de la transition socio-écologique, en inscrivant l'action locale dans la réponse à des défis collectifs et globaux leur offre notamment l'opportunité de se réinventer une identité, plus pro-active, dont ils sont déjà quelques-uns à se saisir. L'atelier cherchera à identifier les nouvelles formes de mobilisation des ressources locales qui contribuent à lutter contre le sentiment de relégation de ces territoires. Il mettra en évidence comment l'action publique, en s'appuyant sur les initiatives citoyennes et le pouvoir d'agir des habitants, peut contribuer à effacer certaines frontières symboliques.

 

  6. Les agences face aux territoires vécus : pour une approche sensible de l'espace urbain

Urbanisme participatif canadien, Design thinking, traitement du user generated content, marches exploratoires, cartes mentales, analyse sémantique grâce à l'intelligence artificielle… nombreux sont les outils qui, ces dernières années, sont apparus dans le champ de l'urbanisme qui viennent réinterroger nos pratiques professionnelles ou compléter nos approches traditionnelles quantitatives, qualitatives ou même participatives. L'enjeu de cet atelier " métier " est de se familiariser avec des méthodes qui permettent d'appréhender les caractéristiques sensibles des territoires. Il s'agira d'intégrer la multiplicité et la diversité des rapports qu'établissent les individus avec l'espace (physiques, émotionnels, psychiques et symboliques) dans le cadre d'histoires croisées individuelles et collectives, c'est l' " identité " du territoire et la perception des " ambiances " que l'on tente de saisir. C'est la mise en récit du lien entre le territoire en tant qu'espace physique et fonctionnel et le territoire en tant qu'espace(s) vécu(s) que l'on souhaite faire émerger.

 

  7. Territoires intermédiaires et systèmes métropolitains : quelles complémentarités ?

Composés de villes petites et moyennes, d'espaces ruraux ou périurbanisés, les territoires intermédiaires constituent les espaces de vie d'une partie importante de ménages français. De nombreux territoires intermédiaires jouent un rôle non négligeable au sein des espaces régionaux, parfois en complémentarité avec les espaces métropolisés, parfois en concurrence, mais également parfois en autonomie. Ces territoires répondent à une grande diversité de situations. Et pourtant, ils peuvent être confrontés à des problématiques communes.

  • Comment valoriser leurs atouts et leurs spécificités dans leur développement territorial ?
  • Comment peuvent-ils s'organiser et se structurer avec leurs voisins ? Comment discuter avec les cœurs métropolitains ?
  • Quelles politiques publiques, outils et ingénieries peuvent-ils mobiliser pour assurer leur développement ?

Telles sont les principales questions que traitera cet atelier. Il s'intéressera à la fois aux dispositifs d'action publique, à la manière dont ils sont mobilisés, à leurs effets voire à leurs impacts, et aux acteurs de l'aménagement qui les portent (EPCI, communes, EPA, SEM, agence d'urbanisme …).

 

  8. Aménagement et péréquation territoriale

La grande attention portée récemment à la dynamique des appels à projet (Réinventer Paris, IMGP…) n'est que la partie visible de l'iceberg " aménagement ". De nombreuses mutations sont en effet en germe depuis une dizaine d'années, bouleversant le paysage de la fabrique urbaine. Depuis que les villes sont entrées dans la sphère des actifs financiers, une forte recomposition des relations entre autorités publiques et acteurs privés s'est enclenchée, et la question de la péréquation territoriale en matière d'aménagement se pose autrement. 
Alors que certains territoires, parce qu'ils sont moins attractifs ont du mal à équilibrer leurs budgets d'opération, ceux les plus tendus font l'objet de multiples innovations aussi bien programmatiques qu'en termes de méthode de conception de projet. Comment rééquilibrer ces dynamiques et apporter qualité urbaine et architecturale dans tout le territoire régional ? Comment diffuser les innovations sociales et techniques plus largement ? L'atelier aura vocation à identifier les freins à cette péréquation et les pistes pour améliorer les équilibres territoriaux. 

 

  9. Malaise dans la métropolisation ? Perspective internationale sur les stratégies des grandes villes

De la " nouvelle crise urbaine " de Richard Florida aux mobilisations de maires contre les plateformes numériques, en passant par celles des habitants face à la gentrification induite par la métropolisation : le temps des stratégies d'attractivité tournées uniquement vers les fonctions supérieures et créatives semble révolu. Assiste-t-on à un rééquilibrage vers des modèles plus inclusifs, à une approche plus large des systèmes métropolitains ? Quelles sont les synergies et les solidarités développées avec les espaces périphériques, naturels ou ruraux ? L'atelier opèrera un constat partagé entre grandes villes françaises et internationales, qui apporteront leurs expériences, initiatives et outils.

 

  10. Les grands évènements vecteurs de transformation environnementale et sociale

Depuis plusieurs années les métropoles régionales dans un contexte de concurrence exacerbée, placent l'événement qu'il soit culturel, sportif ou commercial (salons, foires), au centre de leur stratégie de développement. L'événement de grande ampleur est en effet pour elles vecteur de transformation sociale, économique, urbaine, voire environnementale. Il est facilitateur de la décision publique, catalyseur d'énergies positives autour de projets qui s'en trouvent accélérer dans leur réalisation. Les espoirs placés dans les retombées attendues sont grands. L'héritage laissé par ces événements, qu'il soit tangible (constructions ou réhabilitations de grands équipements, aménagements urbains…) ou intangibles (développement culturel, éducatif, de l'emploi …) justifient pour ces métropoles un engagement fort, à la fois politique et financier. Mais qu'en est-il de ces grands événements d'échelle régionale voire nationale dans la résorption des fractures territoriales ? La fabrique d'un développement partagé et inclusif ? L'accompagnement à la transition des territoires ? Ces questions seront abordées au cours des visites proposées et au sein de l'atelier/débat, à travers deux exemples : Marseille capitale Européenne de la culture 2013 et Paris ville organisatrice des Jeux Olympiques et Paralympiques 2024.