Atelier #1

Métabolismes : les flux de matière au service de l'interterritorialité

Attention : cet atelier est dédoublé en deux visites

Face aux enjeux environnementaux, les villes (re)prennent conscience à la fois de leur rôle clé dans l'atténuation et l'adaptation au changement climatique, mais aussi de leur fragilité et de leur dépendance structurelle en matière de ressources (énergie, eau, alimentation, matériaux…) vis-à-vis des territoires voisins. Saisir ces liens fonctionnels par des visites dans des territoires allant du cœur d'agglomération vers ses franges et comprendre comment l'économie circulaire vient réinterroger les modèles de développement urbain, c'est l'enjeu de cet atelier. Il s'articule autour d'une double question : quels sont les leviers à disposition des territoires – de la planification au(x) projet(s) – pour mettre en œuvre un développement plus vertueux et plus circulaire ? Quels sont les outils « macro » et les mécanismes de gouvernance entre territoires, existants ou à déployer, pour accompagner cette transition ?

Une visite au choix

Visite n° 1 - A1V1

Saint-Cyr–Gally, territoire d’expérimentation de l’économie circulaire et coopération entre acteurs publics et privés.

Infos pratiques

Pilotes : Mathilde Ballenghien (Lille ADULM), Constant Berrou (Grenoble AURG), Emmanuel Bouriau (Rennes AUDIAR), Laure de Biasi, Thomas Hemmerdinger, Cristina Lopez et Martial Vialleix (L'Institut Paris Region) et Damien Vargenau (Nancy SCALEN)

Point de rendez-vous : 8 h, rue de la porte d'Issy, Paris 15e - station de métro : Porte-de-Versailles (ligne 12), sortie n° 4.

Transport : visite organisée en car jusqu'au lieu du déjeuner. Retour en fin d'après-midi par vos propres moyens.

Déjeuner : Les Grands Voisins, 74 avenue Denfert-Rochereau, Paris 14e. Heure du repas : 13 h.

Ressources documentaires

Visite n° 2 - A1V2

Comment un territoire industriel aux portes de Paris (Plaine Commune) se saisit des enjeux de l'économie circulaire.

Infos pratiques

Pilotes : Mathilde Ballenghien (Lille ADULM), Constant Berrou (Grenoble AURG), Emmanuel Bouriau (Rennes AUDIAR), Laure de Biasi, Thomas Hemmerdinger, Cristina Lopez et Martial Vialleix (L'Institut Paris Region) et Damien Vargenau (Nancy SCALEN)

Point de rendez-vous : 8 h, Cemex, 70 quai Panhard et Levassor, Paris 13e - station de métro : Bibliothèque François-Mitterrand (ligne 14).

Transport : visite organisée en car jusqu'au lieu du déjeuner. Retour en fin d'après-midi par vos propres moyens.

Déjeuner : Les Grands Voisins, 74 avenue Denfert-Rochereau, Paris 14e. Heure du repas : 13 h.

Ressources documentaires

Les lieux de la visite n° 1

Les interventions combinées de multiples acteurs (le cluster « Le Vivant et la Ville » autour de la Ferme de Gally, l'association patrimoniale de la plaine de Versailles, le syndicat Eaux Seine Ouest, la communauté d'agglomération Versailles Grand Parc...) font de ce lieu un des principaux pôles d'expérimentation et de sensibilisation concrète à l'environnement et au paysage en Île-de-France. Reconnu « haut lieu de la transition » par L’Institut Paris Region, ce territoire dispose d’un lieu de référence en matière d’agriculture de proximité et d’agriculture urbaine, la Ferme de Gally. Dans le prolongement du parc du château de Versailles et du projet d’aménagement paysager de l’axe de l’Allée royale, différentes structures coopèrent pour échanger des flux de matières (déblais, déchets verts et compost, eaux usées traitées, énergie) et s’inscrire dans des coopérations techniques et économiques avec le cluster « Le Vivant et la Ville ».

La Ferme de Gally 
La Ferme de Gally est installée sur la plaine de Versailles depuis plusieurs siècles. Depuis plusieurs décennies, elle conduit un travail d’ouverture au public, de relations ville-campagne et d’agriculture de proximité. Ayant créé en 1983 une des premières cueillettes ouvertes au public et une ferme pédagogique en 1995, l’entreprise œuvre pour rapprocher citadins et agriculteurs et sensibiliser aux enjeux de l’agriculture, de l’alimentation et de l’environnement. Avec maintenant plus de 50 hectares de cultures diversifiées, la cueillette contribue à l’alimentation des populations locales.
L’entreprise, ayant également des activités de paysagisme et d’entretien d’espaces verts, a fondé en 2010 un cluster d’entreprises, Le Vivant et la Ville, qui vise à définir et proposer des produits et services innovants au service des écosystèmes en milieu urbain, en veillant à respecter l’équilibre des fonctions naturelles et culturelles des villes. En 2018, le cluster Le Vivant et la Ville se rapproche de l’association CIBI (Conseil international biodiversité et immobilier) pour poursuivre les relations partenariales autour des enjeux de biodiversité dans la ville, l’aménagement et la construction.

Le démonstrateur d’agriculture urbaine « Les Fermes en Villes »
La Ferme de Gally, toujours à la recherche d’innovation, diversifie ses activités en mettant à disposition en 2012 de l’association Le Vivant et la Ville un ancien site de terres de remblais, situé en périphérie urbaine en bordure de l’A12. Sur 3,5 hectares, un démonstrateur d'agriculture urbaine porté par quatre entreprises membres de l'association Le Vivant et la Ville a été développé et inauguré en 2015. Conçu pour être réplicable, le modèle économique se base sur une solution agricole en économie circulaire, sobre en ressources et créant de nouveaux usages valorisant le sol et le foncier délaissé. Pour niveler le terrain, le démonstrateur a pu bénéficier de déblais du chantier à proximité immédiate de la rénovation de la station d’épuration Carré de Réunion. Le site comprend à la fois une zone maraîchère hors-sol produisant annuellement 10 tonnes de fruits vendus localement, un espace pédagogique présentant 15 parcelles de 60 m² cultivées selon différentes techniques des plus rustiques (cultures sur bottes de paille) aux plus innovantes (hydroponie) et un ensemble de 80 micro-jardins proposés en location aux particuliers. Le démonstrateur dispose par ailleurs d’une récupération d’eau de pluie avec un bassin de stockage.

Bacs de culture hors sol avec, à l'arrière plan, les cimes de la forêt de Marly. Photo © Fermes de Gally
Le démonstrateur de jardinage urbain, adossé au mur d'enceinte du parc du château de Versailles. Photo © Fermes de Gally
Vente de légumes en libre-service, magasin de la Ferme de Gally. Photo © Laure de Biasi, L'Institut Paris Region
Parcelles de micro-jardins en location aux particuliers, démonstrateur d'agriculture urbaine « Les Fermes en Villes ». Photo © Laure de Biasi, L'Institut Paris Region
Fraises sur rail, démonstrateur d'agriculture urbaine « Les Fermes en Villes ». Photo © Laure de Biasi, L'Institut Paris Region
Production hors sol de fraises sur rail, démonstrateur d'agriculture urbaine « Les Fermes en Villes ». Photo © Laure de Biasi, L'Institut Paris Region
Production hors sol, démonstrateur d'agriculture urbaine « Les Fermes en Villes ». Photo © Laure de Biasi, L'Institut Paris Region

La station d’épuration Carré de Réunion
La nouvelle station d'épuration dite du « Carré de Réunion » a été mise en service en 2016. C'est aujourd'hui le plus grand équipement de traitement biologique et filtration membranaire des eaux usées et pluviales en Europe, avec une capacité de 215 000 équivalents-habitants en période sèche, portée à 340 000 équivalents-habitants en période pluvieuse. L'effort de conception a porté sur la limitation des effluents (divisés par cinq) et sur la valorisation locale des sous-produits d'épuration (production de biogaz, accroissement de la valorisation agricole des boues par un traitement innovant). En 2019, la station développe deux innovations, à savoir l’injection de biogaz dans le réseau de distribution, et la réutilisation des eaux usées traitées pour l’agriculture avec la Ferme de Gally.

Pour limiter son impact paysager sur le site classé de la plaine de Versailles, la nouvelle « station-jardin » a été fortement encaissée et, pour limiter ses nuisances olfactives et sonores, a été entièrement couverte. Photo : Félicien Daniel (EUP)

Les lieux de la visite n° 2

Plaine Commune est une intercommunalité pionnière en matière d'économie circulaire. Son projet Métabolisme urbain, centré sur les matériaux de construction et décliné à travers plusieurs sites pilotes, témoigne d'une volonté de passer de la théorie à la pratique. Ainsi les premières expériences ont permis de mettre en avant les conditions opérationnelles des politiques circulaires, les outils d'urbanisme à mobiliser ainsi que la gouvernance spécifique à instaurer. Les quatre sites visités dévoilent l’implication d’acteurs multiples, œuvrant à différentes échelles autour du recyclage et du réemploi de matériaux. Les logiques privées des fabricants de matériaux cohabitent avec les stratégies des maîtrises d’ouvrage publiques, ainsi que celles des acteurs de l’économie sociale et solidaire. L’enjeu est de comprendre comment, et dans quelle mesure, l’économie circulaire peut créer du lien entre ces différents protagonistes, et ainsi construire un projet autour du métabolisme territorial.

La plateforme fluviale de Cemex

Cemex est un producteur de béton qui développe en Île-de-France des activités liées au recyclage et au transport fluvial de matériaux. L’implantation portuaire autour du bassin de la Seine permet à l’entreprise d’importer des granulats issus des carrières, de produire le béton sur place et de fournir les chantiers environnants en matériaux. Les opérateurs de la construction peuvent ensuite transférer leurs déchets inertes sur les ports de Cemex qui, après les avoir triés, les renvoient vers leurs carrières pour faire du remblaiement. Cette circularité coïncide en partie avec le projet Métabolisme urbain de Plaine Commune, expliquant les récentes collaborations entre le groupe et l’intercommunalité. Elle permet également de comprendre les logiques privées associées à l’économie circulaire et aux flux de matériaux de construction, sur le plan économique et spatial. 

Le projet de reconversion de la friche KDI

Un des sites identifiés par Plaine Commune dans son projet Métabolisme urbain, étendu sur cinq hectares en plein centre-ville de La Courneuve (93) au nord de Paris. Il correspond à la ZAC du quartier de la mairie, créée en 2018 pour la construction de logements et d’équipements publics. Parmi les 40 000 mètres carrés bâtis, il est envisagé de ne conserver qu’un seul bâtiment, pour son caractère patrimonial. L’économie circulaire se déclinera à travers les démolitions, en limitant l’envoi en décharge et en réutilisant l’ensemble des matériaux déconstruits. Plaine Commune collabore avec la SEM Plaine Commune Développement, en maîtrise d’ouvrage déléguée, ainsi qu’avec des maîtres d’œuvre spécialisés, tels des diagnostiqueurs déchets. Le réemploi sur site pour l’aménagement des espaces publics est à l’étude, tout comme l’échange de matériaux recyclés sur d’autres projets urbains.

Le fort de l’Est ou l’enjeu d’une opportunité foncière

L’exemple du fort de l’Est de Saint-Denis (93) dévoile l’importance du foncier pour impulser un projet d’économie circulaire. La cession de 2,4 hectares de terrain en bordure de l’ancien fort a permis à la société BâtiPlaine, une filiale partagée entre les bailleurs sociaux locaux et l’entreprise sociale pour l’habitat 3F, d’expérimenter le réemploi pour son futur programme de 350 logements. Un diagnostic ressources a été lancé par le maître d’ouvrage, en collaboration avec les services de Plaine Commune et des acteurs comme RéaVie ou Bellastock spécialisés dans le réemploi. Une telle démarche a permis de déterminer quels matériaux pouvaient être réutilisés ou recyclés, engageant plus largement une réflexion sur les conditions opérationnelles du réemploi, sur le plan technique, juridique et financier.

La Ferme des Possibles et le rôle des acteurs de l’économie sociale et solidaire

La Ferme des Possibles est une ferme agricole urbaine de 1,2 hectare, située à Stains (93) sur le territoire de Plaine Commune. Portée par la coopérative Novaedia, elle vise à développer les circuits courts et les méthodes de permaculture, tout en favorisant la sensibilisation au développement durable et l’insertion sociale par l’emploi. Très ancré territorialement, ce projet invite à réfléchir à la place des acteurs de l’économie sociale et solidaire dans l’économie circulaire, questionnant le rôle du bottom-up dans le projet Métabolisme urbain. Il permet également de sortir d’une approche centrée sur les matériaux de construction, pour considérer les flux de matières organiques et ainsi penser les différents liens avec la visite de la Ferme de Gally.

Site CEMEX à Bercy. L'enjeu essentiel est de faire de la place à l'économie circulaire dans la ville. Photo ©Leo Mariasine
Site KDI. Un exemple de reconversion d'un site industriel dans le cadre d'un projet urbain. Photo ©Martial Vialleix
Site KDI. Photo ©Martial Vialleix
Projet Fort de l'Est. Photo ©Cristina Lopez
Projet Fort de l'Est. Tri et stockage des matériaux pour valorisation interchantiers. Photo ©Cristina Lopez
Projet Fort de l'Est. Autre espace de tri et de stockage de matériaux à valoriser. Photo ©Cristina Lopez
Projet Fort de l'Est. Tri et stockage des pavés pour valorisation interchantiers. Photo ©Cristina Lopez

Programme de l'atelier

14 h-17 h | Les Grands Voisins – 74, avenue Denfert-Rochereau, Paris 14e 

Atelier participatif en petits groupes avec comme grand témoin Sabine Barles, professeure d’urbanisme à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, qui introduira et conclura la demi-journée.

Huit tables (quatre sur le flux alimentation et quatre sur les matériaux de construction) animées par des binômes d’experts qui réfléchiront aux enjeux et priorités d’action sur :

  • LES OUTILS DE DIAGNOSTIC, LEURS MODALITÉS, LEURS LIMITES ET LES ENJEUX ENVIRONNEMENTAUX OU ÉCONOMIQUES QUE CES DIAGNOSTICS SOULÈVENT

Flux alimentation
Table animée par Mathilde Ballenghien (Agence d’urbanisme de Lille métropole - ADULM).
Personne ressource (expert ou retour d’expérience) : Laura Cantaloube (cheffe de projet développement territorial à la Métropole européenne de Lille-MEL).

Flux matériaux de construction
Table animée par Martial Vialleix (L'Institut Paris Region). Personne ressource : Vincent Augiseau (enseignant-chercheur à Unilasalle Rennes).

  • LES MÉCANISMES ET RAPPORTS DE FORCES DE LA GOUVERNANCE DES FLUX (RAPPORTS DE FORCES PUBLIC/PRIVÉ…)

Flux alimentation
Table animée par Thomas Hemmerdinger (L'Institut Paris Region).
Personne ressource : Jean-Baptiste Bahers (chargé de recherche CNRS).  

Flux matériaux de construction
Table animée par Constant Berrou (Agence d’urbanisme de Grenoble - AURG).
Personne ressource : Aristide Athanassiadis (Chair of Circular Economy and Urban Metabolism, Université libre de Bruxelles).

  • LES OUTILS DE COOPÉRATION ENTRE TERRITOIRES (DOCUMENTS D’URBANISME, CONTRATS DE RÉCIPROCITÉ, PROJETS ALIMENTAIRES TERRITORIAUX…)

Flux alimentation
Table animée par Emmanuel Bouriau (Agence d’urbanisme de Rennes - AUDIAR).
Personne ressource : Daniel Helle (chargé de Terres de sources chez Eau du bassin rennais).  

Flux matériaux de construction
Table animée par Cristina Lopez (L'Institut Paris Region).
Personne ressource : Justine Emringer (cheffe de projet métabolisme urbain à Plaine Commune).

  • LA PLACE DES CITOYENS DANS CES DÉMARCHES

Flux alimentation
Table animée par Laure de Biasi (L'Institut Paris Region).
Personne ressource : Xavier Laureau (La Ferme de Gally) et Marie-Noëlle Floch (expérience de supermarché coopératif, Coop Cot).  

Flux matériaux de construction
Table animée par Damien Vargenau (Agence d’urbanisme de Nancy - ADUAN).
Personne ressource : Julie Benoit de Bellastock. Emmanuel Pezres de la ville de Rosny-sous-Bois pour le Collect'iF Paille Île-de-France et Mohamed Hamaoui de RéaVie.